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"Il ya bien longtemps, vivait dans la forêt tropicale, une tribu de singes nommée les zoura-gangs. Ils prospéraient tranquillement et vivaient en bonne entente avec leurs voisins les Astra-kangs. les zoura-gangs étaient réputés pour leur vivacité d'esprit, leur grande énergie, leur courage, les mâles étaient habiles à la chasse et  les femelles étaient si fertiles qu'il leur arrivait de faire deux portées par an.  Leurs voisins les Astra-kangs étaient au contraire idiots, paresseux, lascifs,  ils étaient toujours fatigués, passaient leur temps au lit et s'endormaient en  faisant l'amour, leur femme étaient des souillons et ne savaient pas faire la cuisine. Elles passaient des heures à peigner leur longs cheveux noirs qui étaient frisés comme des moutons. Elles ne faisaient jamais leur lit et ne repassaient jamais les chemises de leur mari. Au bout de quelques siècles, elles finirent par se lasser de leurs conjoints et commençèrent à lorgner les maris de la  tribu voisine qui eux étaient de bons chasseurs, de beaux mâles racés, musclés , en pleine santé, et de merveilleux amants, capables de les honorer 10 fois dans la nuit.  Tandis que leurs partenaires à elles étaient faibles, malingres et souvent malades et attrapaient toutes les maladies tropicales qui passaient par là.

Ce qui devait arriver arriva. A la fin, on ne distingua plus entre les deux tribus, mais la transmission des gênes s'étant opérée progressivement, la nouvelle tribu perdit petit à petit de son tonus, de sa vigueur et de sa santé. Les bébés mouraient  à la naissance, atteints d'un mal mystérieux, les hommes s'afaiblissaient et n'étaient plus aussi vaillants au lit, les femmes se lassaient d'être des épouses parfaites, et négligeaient leur intérieur. Un jour, un grand malheur s'abattit sur la tribu réunifiée. Une mouche, d'une espèce particulière, genre mouche tsé-tsé, répandit au sein de la tribu une épidémie qui plongea tout le monde dans une grande torpeur, et dans un profond sommeil. 20 ans plus plus tard, il ne restait plus que quelques spécimens qui, pour fuir les microbes, partirent s'installer à quelques kilomètres de là.

 

Une nuit, alors qu'ils entamaient leur 12° heure de sommeil, ils eurent une étrange visite, un petit peuple de la nuit, léger et sautillant, guère plus haut que trois pommes en équilibre l'une sur l'autre, découvrit la tribu endormie. A leur tête la petite Euxane, la reine de la nuit, qui fit trois tours sur elle-même avant de dire aux autres, dans sa langue (qu'on appelait l'ouchita ) :"si nous ne nous emparons pas illico de ces dangereux singes, c'est eux qui auront notre peau, nous ne sommes pour eux que des mouches qu'ils n'auront pas de mal à gober !!"

 

Un conseil se réunit sur le champ pour délibérer, il fut déclaré que les créatures étranges et sans doute très méchantes seraient  capturées immédiatement et neutralisées à l'aide de lianes solides attachées à leurs mains et à leurs chevilles. Ce qui fut fait presque immédiatement, il leur fallut tout de même un certain temps pour les ligoter tous (il en restait une vingtaine à cette époque), car ils avaient d'énormes mains velues et d'énormes pieds aussi. Enfin, et sans que leurs prisonniers ne se réveillent, ils en vinrent à bout. Ce fut alors un concert d'applaudissements, des danses débridées et sans fin, jamais la forêt, depuis des siècles,   n'avait connu une telle ambiance.

Ensuite, on se demanda ce qu'on allait en faire. Impossible, bien sûr de les transporter, vu leur masse imposante. La solution la plus sage fut adoptée aussitôt, c'est encore Euxane qui prit la parole." Si tu ne vas pas à Lagardère , dit-elle de manière prémonitoire, c'est Lagardère qui viendra à toi". Il fut donc décidé que le campement des Ouchitas se déplacerait de quelques kilomètres pour s'installer ici.

 

Voilà, en gros, mon histoire, ajouta Tartan, je suis l'un de ses prisonniers, mais ayant trouvé grâce auprès d'Euxane, et auprès de tous,  et ayant progressivement gagné leur confiance, je suis devenu leur ami, puis leur premier ministre, puis leur Prince, et bientôt, je serai leur roi."

 

"Jolie histoire, ajouta Uriel, mais que sont devenus les autres ?"

 

- Les autres ? Eh bien, ils sont enfermés dans des cages, et mangent la nourriture que ces petites personnes consentent à leur donner. La plupart du temps, c'est moi qui chasse, qui pêche pour eux, qui leur rend visite. De temps en temps, ils m'autorisent de libérer une femelle pour satisfaire mes instincts. De temps à autre aussi, on les loue à des foires, ou à des cirques, où il font toujours sensation, étant donné qu'ils sont doués de parole ...

 

- Vous pensez qu'on me permettrait de voir les cages ?

 

- Oh, je ne pense pas, c'est un secret jalousement gardé, personne ne doit connaître leur secret et ne vous avisez pas d'en parler, et surtout pas à Euxane, qui est notre chef à tous.

 

- Vous êtes un peuple très moderne,  avoir une femme à la tête de la tribu, ça n'est guère courant. Mais dites-moi, pouvez-vous me dire pourquoi elle rit autant quand je parle ?

 

- Parce que vous, français, vous êtes tellement suffisants et sûrs de votre supériorité que vous ne vous rendez même pas compte du ridicule et de vos tics de langage, et l'ouchita est une langue si merveilleuse. Bien sûr, quand c'est moi qui la parle, ça se sent moins, à cause de ma grosse voix, mais Euxane a une voix si douce, si merveilleuse...

 

- Dites, vous ne seriez pas un peu amoureux d'elle, par hasard ?

 

Tartan rougit très fort sous ses grands poils, cela ne se remarqua pas trop, mais sa peau orange vira tout à coup au cramoisi.

 

C'est à ce moment qu'Euxane réapparut pour nous annoncer la nouvelle.
 

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