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Elle est liberté, elle s’envole, se répand, comme une bourrasque, elle est le vent qui me touche de plein fouet, elle est là, je le sens. Je cours, j’ai peur, je fuis, dès qu’elle m’aura attrapé, ils m’auront rattrapé.

- Qui ça « ils » ?

- Les souvenirs, je fuis, j’échappe à la réalité qui me nargue, qui me torture, cette réalité qui me pèse et me fait si mal. Elle était une bulle dans laquelle je me réfugiais, une bulle où rien ni personne ne pouvait m’approcher. Je ne ressens plus rien, je me détache, elle me rattrape, elle qui était réconfort et protection. Elle m’a attrapé, je la sens, elle fait ressortir ce qui était enfoui au fond de moi, dans les profondeurs de mon âme. Ils m’ont rattrapé, les souvenirs, douloureux, enfouies, oubliés, perdus… Mes souvenirs défilent les uns après les autres, et me replongent dans les sombres meilleurs moments de ma vie, moments partagés avec lui, ces moments passés à l’observer, à graver dans ma mémoire les traits de son visage, les gestes de son corps, les reflets dans ses yeux, les sons de sa voix. Ces moments passés à essayer de sonder son âme, à lire entre les lignes, sans jamais y parvenir. Elle resonne en moi, je l’entends et c’est lui que je revois, à mes côtés, allongé, les yeux fermés, le souffle lourd, je me revois près de lui, bercée par sa respiration, je suis bien, il est là, je suis là, je respire. Je me souviens, je le revois danser sans se soucier du monde autour, je l’entends qui me parle, j’entends mais je n’écoute pas, je me perds et je disparais dans sa voix.

« Oh toi mon amour perdu, les sons me parviennent, les souvenirs me reviennent et c’est toi que je vois, toi que j’écoute, c’est toi que je touche, que j’entends, elle est là, et quand elle m’attrape je la ressens comme je te ressens. Désormais elle n’est plus que vide autour de moi, elle n’est plus que douleur et nostalgie, nostalgie d’un temps passé et qui ne reviendra pas.

Elle est ce qu’il me reste de toi, de nos étreintes, de nos regards, de nos sourires, de nos baisers… Elle était ma bulle, la voilà devenue ma cage, ma prison, j’étouffe, je ne veux plus l’entendre, plus l’écouter, je ne peux plus car tu es elle et elle est toi. 

Tag(s) : #Textes des auteurs
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