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Au-delà de ces carreaux de verre étincelant, il y a ces ailleurs inconnus. Ouvertures privilégiées vers des mondes prometteurs de possibilités infinies. Il y a même tout près, si près en deçà de la nuit qui n’en finit plus, les heures d’horreurs d’autrefois. On les nomme parfois ces égrégores de souvenirs. On dit même aussi qu’il serait possible de les toucher sans même faire d’effort. Sans même se déplacer. Comme ça, comme par magie. Comme d’un coup de baguette. Simplement par la pensée. Ces possibles ont pour nom les rêves inavouables. Ils ressemblent vaguement à ces voyages improbables au pays des démons intérieurs. Ces affreux détours, en tête d’affiche, que l’on admire, aussi, parfois, souvent pernicieux, parfois sages ou impétueux, afin de se reprendre en main, tout autant que de se ressaisir ou de se réinventer.

 

Tout tourbillonne dans ma tête. Mes neurones s’affolent. Mes pensées s’étiolent, disparates, inopportunes, vers des plages ensoleillées où les découvertes de l’autre passent par la découverte sous les couvertures des sens avant qu’il ne soit trop tard. Avant que d’être annihilée par les bonnes mœurs de la religion archaïque de nos ancêtres heureusement en partie disparue. Avant que ne se lève la lune belle sur les dunes oubliées des oasis aux palmiers dressés en gage de continuité.

 

Tout autour de chez moi se trouve l’autre avec qui je souhaiterais communiquer. À qui j’aimerais parler. Avec qui j’aurais le plaisir de partager mes délicieux délires et mes rigolâtes divagations pleines d’imagination fertile. Au-delà, c’est aussi l’écho d’un silence prolongé malgré soi. C’est le coeur ouvert aux possibles qui malgré tout espère l’essentiel. Tout grouille de vie que j’imagine palpitante.

 

Je regarde les yeux fermés et je songe aux rues encore sales des restes de l’hiver qui sait beaucoup trop prolongées à mon goût.

 

Je regarde au loin de jadis et je vois la vieille chède. Au troisième étage de la galerie fermée en vieilles planches de bois défraîchies par les intempéries et qui donne sur la cour arrière.

 

Je regarde en arrière et je vois comme dans un livre ouvert. J’apprends ainsi que l’histoire des maux s’écrit au jour le jour avec les mots qui souvent font toujours encore très mal aujourd’hui.

 

Je continue de marcher vers au-delà de la peur récalcitrante et je me dis que ces quelques lignes peuvent devenir un long journal que l’on cacherait sous l’oreiller des peurs de peur de se le faire voler. De peur que naisse l’interdit de la joie de vivre. De peur surtout que celui des nuits interminables à guetter l’affreux loup-garou avide des enfants vulnérables ne s’invite à nouveau au repas guttural de l’ogre mental.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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