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Ma petite maison n’est pas au fond des bois, mais en est très proche. Quelques dizaines de mètres m’en séparent, c’est dire si ma situation n’est pas totalement déplaisante en comparaison de la vie que mènent les gens vivant à plusieurs dans un petit appartement sans jardin, ni terrasse !
J’étais étonné de ne voir personne venir se balader ce dimanche. Habituellement les allées de la forêt et les alentours, la route passant devant chez moi, l’on peut y voir passer, habituellement des cohortes de gens seuls ou en famille. Le moins, que l’on puisse dire, c’est que nous entendons les gens arriver de loin. j’ai toujours été étonné que le babillage de ces promeneurs soit aussi bruyant, laissant à penser qu’il leur était complètement impossible de converser dans leur chez eux plutôt que lors de ces balades. Ils mettent ainsi en fuite devant eux, oiseaux et autres bestioles qui avaient vaqué ces jours derniers en toute tranquillité. Je n’y pouvais rien. Ils avaient bien le droit d’aller dans cette forêt domaniale, ouverte au public. Si elle avait été privée il en aurait été tout autrement et là, je les aurais invectivés, même si je n’avais pas de rôle policier à jouer. Il y avait pourtant de quoi se réjouir d’entendre les oiseaux chanter, dès le matin et puis le soir au moment où le soleil s’apprêtait à se coucher. C’était, je crois les meilleures périodes de la journée, la lumière rasante projetant, durant quelques dizaines de minutes, les ombres sur la campagne et sur la route transformaient, les badauds en géants éphémères. Ils venaient le plus souvent dans le courant de la journée et là les animaux sauvages étaient souvent cachés dans leur tanière. Ils devaient sentir le danger de loin. Les uns cassaient une branche de-ci, de-là sans raison ou quelques gamins tapant dans un caillou ou courant partout où justement, c’était interdit, pour faire ronchonner les adultes. Peu de gens se souciait de la tranquillité de la faune et de la flore locale. D’ailleurs certains ne se gênaient pas pour cueillir au gré de leur pérégrination sans savoir si cela était permis ou complètement interdit.
En temps ordinaire et en semaine, je ne voyais guère les gens se promener par ici. D’ailleurs, ils étaient certainement au travail. Moi, je suis à la retraite, je ne m’en plains pas, au contraire. Mais c’était quand même quelquefois déprimant de ne voir personne. Isolé du bourg comme je l’étais, les avantages de cette situation, s’ils étaient appréciables de temps en temps pouvaient tourner à l’ennui ces temps-ci. Là, ce qui m’étonnait, c’est que les habitudes depuis un bon mois se trouvaient inversées, ils déambulaient en milieu de semaine et beaucoup moins le dimanche. J’en étais très étonné, au point qu’un mercredi, j’alpaguais un promeneur qui couvert sur tout le bas du visage d’un bandeau eut un mouvement brusque de recul comme si je l’avais agressé. Il s’éloignait en bredouillant des mots en partie inaudibles et je restais là subjugué par cette attitude grossière pour ne pas dire impolie.
Je savais bien qu’en ce moment, il y avait une épidémie qui courait de par le monde, enfin surtout en Chine. Au tout début, nous avions les infos tous les jours à la télévision, à la radio et dans la presse écrite. J’avais tenu huit jours et puis passablement déprimé de tout ce catastrophisme… j’avais choisi de ne plus regarder la télé qui ne savait que nous passer des films vus et revus, de ne plus écouter les radios qui nous rabâchaient eux-aussi à longueur de journée les mêmes choses et les journaux que je n’achetais plus, car c’était là, par rapport à l’info, la seule liberté que j’avais encore et j’en profitais.
Ce jour-là, je ressentais cet incident comme une véritable humiliation. Qu’avais-je fait pour provoquer chez cet individu son attitude de rejet ?
J’essayais de me souvenir des paroles qu’il avait pu dire… con… fin… ment… Je n’étais pas sûr du tout que les mots avaient été cela, alors j’allumais la télé au moment des infos où le titre principal coronavirus, confinement depuis une semaine, était à l’ordre du jour… Nous devions rester chez nous et les sorties étaient réglementées partout…
 

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