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Tout était pourtant clair entre Jean et moi. Nous étions tous les deux chefs d’entreprise et nous avions beaucoup ramé au tout début de notre installation. Les banques n’avaient pas voulu nous suivre en nous procurant les prêts dont nous avions besoin. Ainsi, nous en étions venus, au besoin, à nous prêter des fonds pour éviter le chaos toujours à deux doigts de survenir. Lui, vendait et réparait du matériel informatique et moi je fournissais les grandes surfaces et des entreprises diverses en personnels de gardiennage. J’avais ajouté, depuis peu, une activité complémentaire de détective privé. Dans un premier temps, je jouais ce rôle moi-même, sachant qu’en cas de forte demande il me resterait encore la possibilité d’engager un collaborateur.

Nos sociétés marchaient bien toutes les deux, depuis quelques années et la prospérité était enfin arrivée à point nommé et nous l’avions saisi.

Lui avait une très belle femme – Virginie –, une grande blonde style mannequin, très instruite, sûre de son charme et toujours prête à en user… Elle était commerciale à l’international dans le domaine des produits de beauté. Elle voyageait beaucoup, souvent deux fois par mois, vers l’Europe ou les Ètats-Unis.

Je n’avais pas eu la même chance. La mienne n’était pas forcément belle, mais elle avait son genre et son genre m’avait plu. Il n’empêche que malgré cela elle avait trouvé le moyen de me quitter sans explication au bout d’une dizaine d’années. Elle était partie pour un autre et d’autres cieux plus bleus. Elle aimait les voyages, moi non ! Elle aimait faire la fête et principalement danser, moi non et même si j’avais aimé, je dansais comme un pied.

Sur le coup, j’avais été plutôt désappointé. Je pensais, contrairement à mon ami, être à l’abri de ce genre de déboire. Je me demandais bien qui avait pu la séduire, pour qu’elle parte en voyage comme cela avec un inconnu. Où l’avait-elle trouvé ? sur une plage des caraïbes, dans le désert de Gobi ? Quel était le point le plus important : savoir où ? Ou savoir avec qui ? Où : les Caraïbes… Elle n’aimait pas le bord de mer ! Le désert de Gobi… Pas possible ! Ma femme n’aimait pas marcher plus que cinq cents mètres à la suite, c’était la distance qui nous séparait du boulevard voisin de notre domicile, là où se trouvaient les boutiques de fringue à la mode et encore eut-il été possible d’entrer dans les magasins avec sa voiture, elle l’aurait fait !

Un client venait de me confier un dossier dans cette spécialité, estimant probablement que j’étais expert en matière d’adultère ! Avait-il deviné que j’en connaissais un rayon dans ce domaine ? j’en doute quand même… Cocu n’était pas inscrit en gros sur mon front.

Je devais ainsi me rendre à l’aéroport, où mon client avait supposé qu’elle allait débarquer d’un avion venant d’une destination exotique dont il ignorait tout.

Il m’avait confié une photo d’elle. Elle était grande, blonde comme les blés, toujours élégante.

Je m’étais donc rendu à l’aéroport pour y passer la journée, car aucune indication ne m’avait été donné en matière d’horaire. La matinée était passée sans que je l’aperçoive débarquer d’un avion et en fin d’après-midi, alors que je désespérais de la voir, c’est une autre femme que je voyais… Virginie. La femme de mon meilleur ami. Elle était au bras d’un homme bien plus âgé qu’elle. Je n’avais même plus l’idée d’honorer le contrat pour lequel j’étais venu, me mettant tout de suite à filer les deux amants pour en savoir plus.

Je les avais suivis, jusqu’à un hôtel assez proche de l’aéroport, où ils avaient probablement retenu une chambre. C’était peut-être leur lieu de rendez-vous habituel, mais pour l’instant je ne pouvais en savoir plus que ce que je venais de constater. J’étais dans le plus grand embarras vis-à-vis de mon ami. Comment lui annoncer une si mauvaise nouvelle sans avoir été sollicité ?

De retour au bureau, je téléphonais à Jean, en prétextant un problème sur l’informatique de l’entreprise. Il allait venir me voir d’ici peu m’avait-il dit… et voyant que j’avais autre chose à lui dire, il me questionna plus avant. Il me connaissait bien Jean. Mes attitudes, mes silences qui en disaient longs comme il disait. De tout temps, il avait été pour moi un confident et l’inverse était comparable. Je ne sais pas pourquoi. Il faut dire que nous nous connaissions depuis que nous étions tout mômes. La maternelle, ça créait des liens !

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