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Suzie fêterait bientôt son anniversaire de naissance. Elle aurait en effet huit ans. Cette simple pensée la rendait déjà très heureuse. C’était une enfant facilement joyeuse en temps normal. Elle appréciait les choses simples que la vie lui proposait dans son quotidien.

Ce qu’elle adorait plus que toute autre chose au monde, comme elle aimait si souvent le dire, c’était de jouer du piano. Elle en jouait d’ailleurs deux fois par jour depuis bientôt quatre ans. À dire vrai, elle en était follement amoureuse de son piano. Surtout qu’à l’approche de Noël, son père avait installé une splendide guirlande de houx qui venait border tout le pourtour de la fenêtre en porte à faux sous laquelle se trouvait l’instrument musical. Et cela lui plaisait véritablement.

Comme chaque année, à l’approche de la période de Noël, le grand cirque de Marseille avait installé son immense chapiteau dans l’immense terrain vague derrière son école primaire. Elle avait vu les affiches quelques semaines plus tôt. Elle en fut excitée de joie. Les iris de ses magnifiques yeux bleu acier se mirent à briller d’un éclat d'une rare beauté. Quoique longtemps est un mot à l’existence très éphémère et surtout de courte durée à son âge. Elle espérait tant et si fort que son papa, comportementaliste animalier de profession, lui offrirait d’assister au spectacle de clowns, de trapézistes et de dompteurs de lions.... comme cadeau d’anniversaire.

 C’est ainsi qu’elle se mît à rêver que dans sa carte de souhaits d’anniversaire ou de celle des souhaits pour la veillée de Noël se trouverait écrit le fameux dicton de son père : <peut-être que nos mots sont la seule terre où on peut s’établir> tu sais Suzie. Sait-on jamais ? Et s'il était vrai d’affirmer que nos rêves lorsqu’ils sont profondément sincères, finissent toujours un jour ou l’autre par se réaliser. Je te souhaite donc ma chérie la plus merveilleuse des anniversaires qui soit possibles de rêver et .... D’après ce qu’elle en comprenait à son âge, cela voulait tout simplement dire qu’elle recevrait ce qu’elle désirait en secret. Pourtant, des doutes subsistaient malgré tout.

Elle ne savait plus en quoi ou en qui croire d'une manière absolue. Toutes les belles paroles paternelles étaient-elles la vérité ou tout bonnement de fausses et vaines superstitions ? Se verrait-elle dans l’obligation de manger des tonnes et des tonnes de chocolat comme le lui avait raconté son amie haïtienne. Et pour ce qui était de ce vieux bonhomme â la longue barbe blanche dans son magnifique costume d’apparat bordé d’une rare fourrure, était-ce la vérité pure ou encore un canular des personnes âgées afin de faire plaisir aux petits enfants ? Elle ne savait plus et ne pouvait plus jurer...

Croix de fer, croix de bois, si tu... et sur ces mots elle s’envola au pays des rêves, sous l'immense chapiteau d'un magnifique cirque où s'inventaient des histoires de clowns, de trapézistes et de dompteurs de lions.

 

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