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Le marché de Noël de Marseille, « La destination du dimanche », pas besoin de neige pour avoir l’esprit des fêtes ; Il se tient sur quai de la Fraternité près de la Grande Roue, dans le sympathique cadre du Vieux Port.

Plus de cinquante chalets et de nombreuses animations.

On y trouve de tout, entre tradition et modernité, de la foire aux santons de Provence en passant par, les échoppes de jouets en bois, les verres fusionnés, les chocolats, les nougats, les paniers gourmands décorés de houx, difficile de s’arracher de l’un pour aller à l'autre, mais nous ne voulions pas rater la procession de la Vierge noire et les navettes, ces délicieux gâteaux à la fleur d’oranger.

Nous étions sortis avec Suzy, elle voulait absolument voir le clown en dégustant de la barbe à papa, les enfants adorent cela, comment résister devant tant d’obstination et d’enthousiasme.

Arrivés dans l’allée principale, nous croisions un échassier vêtu d’un grand manteau rouge bordé de fourrure blanche, un cracheur de feu multicolore hilare, une diseuse de bonne aventure décoré comme un arbre de noël et un comportementaliste animalier qui distribuait gratuitement des amulettes contre les superstitions. Tout ce beau monde virevoltait au milieu d’une foule grouillante et bruyante.

Lorsque j’entendis, au travers de ce brouhaha, les notes d’un piano, je fus irrésistiblement attiré par celui-ci et entraînais la famille, au grand dam de Suzy qui ne voulait pas quitter le clown.

Guidé par les notes de musique, je nous frayais un passage au travers de cette marée humaine et débouchais sur le quai du vieux port, il était là, face à la mer en tenue d’apparat, il jouait du piano debout sans se soucier des autres. Sa musique était envoûtante au point que ceux qui l’écoutaient semblaient déconnectés du monde.

Subjugué par ce spectacle, je m’adressais à la première personne que je rencontrais pour connaître le nom de l’artiste, celle-ci me répondit sur un ton laconique,

« Peut-être que nos mots sont la seule terre où on peut s’établir »

Loin de comprendre le sens profond de sa réponse, je le remerciais et m’approchais au plus près du pianiste afin d’en apprécier la mélodie.

C’est alors que je fus happé instantanément par le « Boléro de Ravel » et compris pourquoi je fus attiré comme l’abeille vers la fleur, un rythme hypnotisant et une mélodie envoûtante donne à cette musique un caractère charnel qui offre un terrain fertile à la rêverie.

Si cela n’avait été Suzy, qui me tiraillait par la manche de la veste en hurlant « Papa ! Papa ! » je serais resté flanqué devant le pianiste toute la matinée, mais si vous connaissez le dicton provençal : Je suis l’oiseau de la Canebière : je ne crains pas le bruit… Alors vous devez comprendre…

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