Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le joyeux gai luron du village d'antan se prénommait Antoine.

        De grands yeux rieurs. Un long tronc et des jambes à n'en plus finir de s'étirer en tous sens. Une coupe aux dégradés presque taillée à la hache tellement les coches et les inégalités y étaient apparentes. Un front bombé à la frange coupé presqu'au niveau de la racine. Une chaleureux si raide et toujours en désordre. Une véritable coiffure d'artichaut quoi !

        Ce qu'il préférait dans la vie, c'était de jouer des tours à tout le monde et de patauger tout le temps dans la bulle des autres. Il se plaisait à dire qu'il n'existait que pour se farcir les méninges du plaisir de faire rire son auditoire. Il aimait souligner les traits de caractère de chacune et chacun de ses proches par des mimiques qu'il disait faire partie de pactole d'imitations. Chaque jour devenait pour lui l'occasion de tourbillonner dans ses pensées afin de jouer avec les mots et surtout d'inventer des trucs plus fous les uns que les autres afin d'épater la galerie.

        Comme la fois où il s'était essayé à la guitare. Un vrai désastre. Et pourtant tout le monde de sa connaissance riait à gorge déployée. Pas de lui bien évidemment. Mais de sa façon d'être si imprévisible et si naturel. Il était un comique né. Même dans sa manière désinvolte de tenir le manche de son instrument, de pincer les cordes ou d'y glisser ses doigts.

        Et que dire de cet autre jour où il avait accroché, par mégarde semblait-il, son chaud Canuck d'hiver sur la tête de sa jumelle. Il lui avait avoué naïvement, toutes dents éclatantes à vouloir sécher au faible soleil hivernal, qu'il l'avait prise pour le portemanteau en bois verni de l'entrée, tant elle était lente à se déplacer. Et il se trouvait très drôle.

        Elle était en effet si différente de lui. Toute en retenue cette Mégane qu'il adorait plus que tout. Si effacée qu'on l'aurait dite presque inexistante. Et pourtant, il affectionnait se blottir entre ses bras. Il ressentait alors tout l'immense amour qu'elle avait pour sa lui.

 

Tag(s) : #Textes des auteurs
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :