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Une poule sur un mur qui picorait du pain dur, picoti picota…Rooh que cet air m’agace… Depuis ce matin, il me trotte dans la tête, depuis que levée aux aurores malgré ma fatigue, j’ai aperçu ce volatile, sûrement une descendante de Jacotte, la poule qui venait picorer les miettes de nos repas, juché sur le mur d’enceinte de la maison…

Je suis arrivée tard dans la soirée hier, il y avait du monde sur la route ; vacances obligent… mais pour mou cela fait longtemps que je ne suis pas partie en vacances ici dans ce coin, ce petit coin de mon enfance. . J’ai eu du mal à ouvrir le portail rouillé, les gonds ont grogné et grincés quand j’ai forcé l’ouverture. J’ai garé ma voiture, sous le vieux chêne au milieu de la cour.

Aussitôt les odeurs d’antan m’ont chatouillé les narines… J’ai sorti la petite glacière de mangé du bout des lèvres… Je n’avais pas vraiment faim mais la bouteille de Sauvignon se vida très vite… Les souvenirs affluèrent et je me déshabillais rapidement, et me glissai dans le duvet posé sur un vieux sommier en bois…

Cette maison était à moi. Cette maison dont nous avions fait notre terrain de jeux, il y a plus de vingt ans, Jules, Evelyne, Romain et moi. Il y avait bien les rustines (les petits frères et sœurs) mais en général nous passions notre temps là. Cette maison, dans nos délires d’enfants, nous voulions l’acheter quand nous serions plus grands, nous voulions y vivre ensemble et pourquoi ne pas élever des moutons et cultiver de la vigne… Délires délires ! fi donc, un fois disséminés dans les collèges et lycées, nous nous sommes perdus de vue. Tous partis vivre ailleurs avec des nouvelles de temps en temps par la famille. Et puis cette maison finalement était dans un très mauvais état. Mais la vie nous joue parfois des tours.

Cette grande bâtisse sise sur un terrain qui appartenait à mon grand-père semblait n’appartenir à personne. Je ne l’avais jamais vu habité malgré les lambeaux de rideaux restés accrochés aux fenêtres. Et c’est là que la vie est joueuse. Le nouveau maire du village, décida de revoir le cadastre, se mit à recenser les parcelles et à redéfinir les bornages ; décidément, il y avait trop de laisser aller. Seulement voilà, par un système d’héritage assez complexe, sans bourse déliée, il s’avérait que j’étais propriétaire de ce machin informe. Notre rêve d’enfance reprenait vie ! ce coin était à moi et rien qu’à moi. Par nostalgie J’ai décidé de garder ce bien en ruine que certains convoitaient pour établir un de ces lotissements horribles. Oh que nenni pas de lotissement sur notre terrain de jeu.

Une poule sur un mur…oh que cela m’agace ! Entièrement nue, jamais de pyjama, je m’installe dans le jardin, derrière le vieux mimosa à l’abri des regards, que des petites mains innocentes ont planté autrefois, ma tasse de nescafé fumant posée sur la pierre. Je laisse la brise courir sur ma peau lisse. J’aperçois les traces que les cordes de la balançoire a laissées, sur la grosse branche du chêne, je profite des chants d’oiseaux, de la fraîcheur matinale. Soudain, un bruit de moteur m’alerte… Une vieille 4CV rouge, que j’identifie immédiatement, tousse et avance par petits bonds comme un chevreau qui apprend à marcher et finit sa course dans le mimosa. Je me lève vivement, j’aperçois Romain, le vieux copain d’enfance, sortir de la voiture en se dépliant. Il agite un mouchoir blanc comme autrefois…

Bienvenue ! Lui criai-je, tu veux un café… A ce moment là, je réalise que je suis nue sur la terrasse.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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