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J’ai erré longuement dans la ville sans prêter attention aux rues que j’empruntais, aux gens que je croisais, aux bruits, aux couleurs, il fallait encaisser, absorber, jamais de toute ma vie je m’étais sentie plus isolée, ni plus insignifiante…

Hier, sous les feux de la rampe, aujourd’hui dans le froid humiliant d’un macadam obscur. Comme un air de Destinée, je suis.

Je guettais, en cette nuit complice, un abri qui ferait ma fortune d’un soir.

Le canapé-lit, généreusement jeté, de la rue d’en face, avait accommodé mon sommeil fatigué. Que d’heures insouciantes en repos assoupi j’ai goûté. Là.

Mais fallait-il qu’un noctambule désabusé, vienne délibérément me déposséder.

Mes cris outrés, mes supplications ferventes, l’ont par deux fois, épuisées.

En un geste inespéré, je levai, menaçante, le manche de mon violoncelle, souvenir sacrifié.

Au péril menaçant qu’il vit alors, le quidam se mit, d’un coup, à glousser étrangement.

Un tel entendement me stupéfia.

Et son regard altéré sur mon soutien-gorge offert, m’enleva, net, toute atroce pensée.

Dès nocturnes sonnantes, je prenais, affranchie, la routine d’arpenter, à pas furtifs, ruelles et sentes encombrées.

Le teint blanchi par les manques coutumiers, j’allai, telle une ombre,, flirter, lascive, aux recoins arborés.

Adossée à un saule huilé de lune, je suivais mes yeux, à vide d’espérance en ce jour déchu. Las de balayer ce ciel vertigineux, encore piqué d’étoiles à ma grandeur passée.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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