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Point final !

Je ferme ce livre pour la toute dernière fois. Il était très bien. Il m'a beaucoup plu. Je le recommande.

Nous sommes le 2 septembre.

Les fournitures scolaires sont sorties des cartons. Les écoliers sont rentrés là où il faut.

Les professeurs ont repris le même chemin, cherchant en vain à lutter contre le déclin.

Les ouvriers sont à l'usine.

Les employés se déploient à nouveau.

Les patrons, pas poltrons reprennent les choses en mains.

Les livreurs livrent des livres et plein d'autres choses.

Les journalistes nous informent des reprises et des faits imprévus dans un vaste chahut.

Tout le monde s'active. Les vacances étaient, sans conteste, bien méritées.

C'est la reprise.

Sans moi.

Le pays laisse et délaisse tous les laissés-pour-compte.

Ce matin, j'ai fini mon livre, celui que je lisais depuis quelques temps.

Je peux désormais en reprendre un autre sans être dérangée, sans déranger les autres.

Je vais aller en choisir un parmi ceux que l'on m'a prêtés, ou bien parmi ceux que je suis allée chercher à la bibliothèque la semaine dernière. J'en ai encore beaucoup sur mes étagères qui n'ont jamais été ouverts.

J'ai le temps pour ceux-là.

J'ai tout mon temps.

Je suis riche de temps.

Vais-je prendre un gros pavé d'au moins 800 pages ou un petit de poche qui se lit en une journée ?

Ai-je envie de rire, de pleurer, de rêver, de réfléchir, de voyager, d'avoir peur, de pénétrer dans l'intimité d'un personnage fictif ou historique, de suivre une enquête, de me changer les idées, de me vider la tête, de me la remplir d'autre chose... ?

Ce passage entre deux ouvrages m'émeut et m'émoustille à chaque fois. Je souris dans ma barbe.

Lorsque enfin je tiens l'heureux élu, je regarde sa couverture. Je le soupèse. Je le hume. Je le caresse. Je l'aime déjà.

Au dos sont déjà inscrites ses promesses. Je parcours ces premières lignes qui m'invitent et m'incitent à l'ouvrir.

J'attends encore un peu. Je laisse monter le désir.

Je m'installe confortablement.

Je l'ouvre enfin.

Dès les premiers mots, dès la première phrase, je rentre dans l'histoire.

Je fais ma rentrée littéraire.

Pour cette rentrée particulière, pas besoin d'un mois précis.

Aujourd'hui, nous sommes en septembre. Nous aurions pu être à un autre moment. Ce n'est pas important. Je vis à l'époque du livre. Je deviens le narrateur, le personnage du roman. Je m'installe dans son décor. Et comme tous les autres romans, celui-ci aussi, je le dévore.

Pour faire une nouvelle rentrée, il me suffit juste d'atteindre la dernière page d'un roman commencé depuis plus ou moins longtemps. De lire jusqu'au dernier mot et puis d'en reprendre un autre dans lequel je rentre toute entière.

J'effectue inlassablement ce geste, cette action, ce rituel comme une ritournelle en attendant de trouver enfin une porte de sortie qui me remettra dans la vie.

Tag(s) : #Textes des auteurs
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